[#15] Retraite en Crête

La Crète, doux nom qui nous plonge instantanément dans la Grèce antique, la culture Minoenne, des paysages étonnants, de l’huile d’Olive et de la cuisine diététique. La plus grande île de Grèce a su totalement nous conquérir !

Après une douce nuit sur le pont de notre « petit » bateau de traversée, pas le droit de dormir dans le camion pour des raisons de sécurité, nous arrivâmes au beau matin en douce Crète. Visite d’Héraklion et départ rapide pour Chania, retrouver nos copains Anaëlle et Rémi, pas vu depuis si longtemps ! Grâce à la fantastique Veronica, couch surfeuse au top, nous découvrons cette charmante ville et les alentours. J’ai particulièrement aimé la balade tout au nord à Moni Katholico, à la recherche de la cache des pirates. On n’a pas trouvé le trésors mais le paysage vaut de l’or !

Déjà 24h sur l’île, il était temps de grimper ! Le site de la grotte de Tersanas près de la magnifique plage de sable blanc de Balos semble tout indiqué. C’est l’une des plus belle plage du monde, la preuve en photo! La contempler se mérite : la route se dégrade d’un coup et devient une piste. Après une 1 heure à se faire secouer dans tous les sens, on se dit que la prochaine fois on prend un véhicule 4×4 ! (à suivre dans nos aventures en Australie !)

Le niveau d’escalade requis dans la grotte est exigent. Le site est grandiose, rien que la marche d’approche en vaut la peine et t’en mieux pour moi. Oli s’amusera bien dans une voie à colo…

Petite aparté, c’est le moment de vous faire une confidence, si vous croyez que je suis partie faire un tour d’Europe de grimpe avec un bon niveau en escalade, et bien vous vous trompez ! Avant le départ je n’avais jamais enchaîné de 6a en salle… mon niveau s’est bien amélioré mais je reste une cramique (=novice) ! Comme quoi pas besoin d’être un cador pour s’amuser avec des jolis cailloux.

De retour au campement nous ferons la connaissance d’une famille hors norme : les MYTAE. 2 parents et leurs 3 enfants en 4×4 qui dorment sur la tente de toit du véhicule. Plusieurs années de voyages, pas de scolarité classique pour les enfants mais une soif de leur transmettre des valeurs profondes sur la vie et la liberté… Une rencontre qui vous ouvre la porte des possibles.

Si vous voulez en savoir plus sur cette famille, ils décrivent leur façon de voir le monde sur la toile, par exemple via instagram :

https://www.instagram.com/mytae_rencontre_le_monde

Le vent froid de la tempête qui fait rage nous a soufflé vers le sud ouest de l’île. C’est partie pour la rando mémorable de Paléochora – Sougia. Ça devait être facile avec 12km le long de la côte montagneuse, enfin ça l’aurait été si notre petite équipe de rigolo’s avait eu envie de faire demi-tour mais que nenni. Faire du stop pour se faire déposer au milieu de nul part et se retrouver à marcher sur l’asphalte est bien plus aventureux. Espérer ardemment qu’une voiture passera et nous aidera à sauver nos chaussures et les membres qui sont dedans. Les 40km qui nous séparent du camion pourraient bien les faire partir en lambeau. La magie de l’aventure sera de passer par un village où les hommes crétois uniquement (ou crétins,j’ai un doute?!) sont occupés pendant leur dimanche à vider les chargeurs de leur pistolet dans une maison, c’est le Texas de la Grèce ! Nous trouverons 2 petites aides motorisées précieuses et rentrons juste à temps pour un apéro au coucher de soleil, mon préféré ! (Le vin était une production artisanale de l’île, une aventure à lui tout seul, étonnant en bouche et efficace pour élever notre niveau de bêtise, un beau cadeau ce pinard^^).

Et se fut le temps de la tempête généralisé et quelle joie de se jeter dedans tous ensemble ! Mais quelle tempête, les Crétois n’en avaient pas vécu des comme ça depuis au moins 50ans. Pour les copains qui dorment en tente ça sentait le chien mouillé, et comme j’avais bien envie de découvrir le Help X (c’est un peu comme le Woofing pour ceux qui connaissent, c’est-à-dire du volontariat contre un hébergement et de la nourriture). Nous nous retrouvons chez un couple d’Anglais dont le mec était plutot bon cuisinier, et comble du luxe notre lit était pourvu d’une couverture chauffante. Après 2 jours à terrasser leur jardin, extraire des souches (enfin une demie), ranger et nettoyer leur cuisine, peindre des panneaux, nous avions bien vite compris que ce ne serait pas l’expérimentation la plus enrichissante mais les pluies diluviennes nous font rester 1 jour de plus. Toutefois ça aura été une expérience et on apprend toujours: la prochaine fois je chercherai des lieux avec un dynamisme plus communautaire, soutenir un projet plus large que d’aider un couple d’alcooliques fainéants !

Cette première tempête aura entraînée avec elle de nombreux arbres, fait déborder le lit des rivières, inonder une partie des villes du nord de l’île et même se faire s’effondrer des ponts… Pendant la tempête, Oli voulait traverser un guet d’où un filet d’eau s’écoule. A force de persuasion et de démonstration de jet de cailloux qui se font entraîner avec la force du courant, nous sommes allés nous abriter derrière un monastère, dans un tout petit recoin bien encastré entre des murs, ainsi protégé du vent qui faisait rage, nos copains dans la chambre d’amis (l’avant du camion!). Et heureusement, le lendemain en repassant devant notre guet le filet d’eau était devenu torrent… C’était incroyable, on aurait été bloqué quelques jours de l’autre coté si on était passé. Il faut faire attention, durant la tempête, 4 jeunes sont décédés, emportés par l’eau lors d’un passage de guet.

Pour se remettre de nos émotions, notre objectif du jour était de trouver une skafian pie, célèbre tarte de Hora Skafion, composée de sucre, de sucre et de sucre ! Que de l’amour pour notre ami Rémi. Hors saison et avec ce temps de chien notre mission s’est soldé par un échec. Pas le temps de se laisser abattre, nous allons voir la belle roche de Plakias en bord de plage, les lignes sont superbes mais aujourd’hui cette dalle ruisselante ressemble plus à une cascade qu’à un mur d’escalade. Nous n’avons qu’une envie : revenir avec le soleil. On se consolera au café, à regarder passer les nuages en mangeant des gros gâteaux crétois…

Nous continuons notre route vers les grottes troglodytes des hippies de Matala. Ce site est situé sur un ancien cimetière romain converti en logement au standing du hippies des années 70. Il faut dire que le lieu à tout pour plaire, une crique à l’eau turquoise protégée par 2 belles falaises percées telles un gruyère. Après 10ans le rêve a pris fin quand la municipalité à compris qu’elle pourrait en faire de l’argent ! Ça faisait longtemps que l’on avait pas vu des cars de chinois…

Pour cette raison et celle de l’arrivée de la police (faut croire qu’on a vraiment pas le droit de sauter les grilles pour rentrer dans le site après la fermeture, ca manque de “hippiness” aujourd’hui cet endroit), nous partons un peu plus au sud en direction des gorges d’Agio Farango, gros spot d’escalade que nous sommes décidés à découvrir après en avoir entendu beaucoup de bien.

Le lieu est particulièrement reculé et avec les intempéries la « route », piste constituée de cailloux plus ou moins gros, était très chaotique jusqu’à devenir infranchissable au niveau d’un guet devenu rivière. Qu’à cela ne tienne, toujours avec les copains, nous allons contourner le problème et aller au village « d’à côté ». Ils nous faudra juste 45min de marche, une belle rando côtière de type montagne tout de même. Au vue de la pluie tombée, nous décidons d’aller inspecter les lieux sans tout le matos. Pour les non grimpeurs je vous fait une petite description de notre équipement à trimballer en falaise équipée. Attention départ : Chaussons, souvent 2 paires (chaussons techniques et pantoufles de grimpe “confortables”), baudrier, descendeur (pour assurer son équipier), un jeu d’une 20aine de dégaines, mousquetons, corde de 80m (= pèse son poids!), sangles, casques, sans oublier l’eau et un peu de miam miam ! Je dirais un peu plus de 10 de kilos à répartir entre nous.

La gorge est profonde, belle et mouillée. On repaire nos secteurs et continuons pour une belle balade de 15km en terrain vallonné. Pour moi qui aime marcher, c’est le paradis ! Vous êtes peut être blasés par nos jolies photos de paysages incroyables, nous pas ! A vivre, c’est une joie. Autant de beauté sauvage au quotidien, ça rend heureux !

Dommage pour nous, nous étions sensé être protégé de la tempête mais elle revint en force. Nous fuyons ! Dans tous les sens, les copains partent vers une ville romaine obscure qui doit avoir un château (grosse passion de Remi) et nous vers d’autres falaises!

En chemin on s’arrêta pour faire une rando à Zaros. Une source naturelle de l’île. Je visiterai l’ancien site Minoen de Phaïstos. Passionnant et incroyable de se rendre compte de l’influence d’un seul homme sur notre perception d’une civilisation qui existait il y a 4000 ans. L’archéologue Arthur John Evans s’est inspiré de recherches scientifiques bien sur mais les a mêlées à ses croyances personnelles pour développer ses théories et son histoire de cette civilisation dont il est par ailleurs l’auteur du nom qu’il leur a attribué selon le mythe du roi Minos… (qui est donc bien un mythe). J’ai préféré le palais de Phaïstos à celui, plus connu, de Knossos près d’Héraklion. Où ce m